Carros : Une exposition photographique sonde l'évolution de la ville, de 1983 à nos jours
Publié le 18 Juillet 2025
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Le Centre International d'Art Contemporain (CIAC) de Carros ouvre ses portes à une exposition inédite, "Carros, 1983-2025", offrant un voyage visuel de 42 ans au cœur de la commune. L'événement propose une réflexion sur la mémoire collective, confrontant un passé révolu à la modernité actuelle.
L'initiative a débuté en 2023, suite à la donation de 450 photographies de Carros datant de 1983 au Musée des Arts Décoratifs de Nice. Devant l'intérêt sociologique et ethnographique de ce fonds, l'attaché de conservation Sébastien Quéquet et la directrice du CIAC, Christine Enet, ont collaboré pour monter cette exposition. Sur les 450 clichés d'origine, 134 ont été sélectionnés et complétés par les œuvres de photographes contemporains tels que Jürgen Nefzger, Suzanne Hetzel, Hélène Bellenger et Héloïse Baille, offrant une perspective actuelle sur la ville.
Les photos originales en noir et blanc proviennent d'un mécénat éphémère du groupe Phénix, constructeur de maisons individuelles, qui souhaitait documenter ses projets de lotissement. Carros, passée de moins de 1 000 à plus de 8 000 habitants en peu de temps, fut la seule commune à bénéficier de ce projet. Ces images sont une étude précieuse, témoignant d'un mélange ethnique et d'une cohésion sociale forte à l'époque, comme le souligne une habitante de l'époque, Conchetta : « Avant, tout le monde mettait la main à la pâte, on s'entraidait. » Les portraits d'enfants et de jeunes, parfois disparus, ainsi que des figures locales emblématiques comme le Père Jean ou le maire de l'époque, sont mis en lumière.
Les artistes contemporains apportent des regards variés : Jürgen Nefzger explore l'évolution des paysages carrossois à travers la marche, tandis qu'Héloïse Baille capture des scènes du quotidien avec un sténopé monté dans un camion, créant des œuvres aux allures abstraites. Hélène Bellenger, inspirée par le film Vice Versa, a transformé les souvenirs de Carros en plus de 150 ballons imprimés par hydrophotographie, symbolisant la nature éphémère de la mémoire. Enfin, les clichés de carnaval et de fête de Bernard Gille, datant également de 1983, révèlent l'immersion du photographe au sein de la population.
L'exposition, visible jusqu'au 14 décembre, invite le public à une profonde réflexion sur le passé et le présent de Carros, et sur la question posée par Hélène Bellenger : « Et si c'était mieux maintenant ? »
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