expositions

Publié le 5 Avril 2024

Suquet des artistes
Jusqu'au 28 avril. 

Installé dans l’ancienne morgue de la ville de Cannes, le Suquet des Artistes accueille la peintre française Barbara Navi. Diplômée en philosophie ainsi que de l’Ecole Boulle**, l’artiste nous offre un voyage au sein de son monde onirique. Une trentaine d’œuvres est présentée, un merveilleux mélange entre dernières créations et réalisations spécifiques pour le Suquet des Artistes.

Ces œuvres, qu’il nous faut découvrir en deux temps , de loin pour mieux les appréhender dans leur ensemble et de près pour en découvrir les détails, sont des paysages de rêves associant mythes et philosophie. C’est un univers familier qu’elle peint puisqu’elle puise son inspiration dans les textes bibliques tel la Passion du Christ ou de la tour de Babel, ou bien encore les histoires mythiques de Pégase, Léda ou de Goliath.

Sur ces toiles, les personnages sont de taille différente et ils cohabitent dans un univers coloré, riche et varié. Certaines créatures menaçantes se mêlent à des personnes égarées, et l’ensemble est installé dans un monde contemporain, un monde proche du nôtre, un monde tourmenté, difficile, en perpétuel évolution. A signaler qu’il n’y a ni contexte géographique ni contexte historique afin, que nous spectateurs, puissions laisser libre court à notre propre imagination. Et pour accompagner cette déambulation, de la musique classique qui nous permet de nous immerger plus encore dans cet univers mêlant peinture et cinéma.

*Vers issus d’un poème de Gérard de Nerval, Aurélia
**l’Ecole Boulle est née en 1886 et propose un enseignement pour les futurs professionnels de l’ameublement (tapissiers, sculpteurs sur bois, ébénistes, menuisiers en siège). Depuis quelques années, cet enseignement a été renforcé par des métiers complémentaires comme les ciseleurs, les monteurs de bronze, ou encore les graveurs sur acier.

 

Housed in the former Cannes morgue, Le Suquet des Artistes welcomes French painter Barbara Navi. A graduate of philosophy and the Ecole Boulle**, the artist takes us on a journey into her dreamlike world. Some thirty works are on display, a wonderful mix of recent creations and works created specifically for Le Suquet des Artistes.

These works, which we need to discover in two stages, from afar to better apprehend them as a whole, and up close to discover the details, are dreamscapes combining myth and philosophy. She paints a familiar universe, drawing her inspiration from biblical texts such as the Passion of Christ or the Tower of Babel, or the mythical stories of Pegasus, Leda or Goliath.

On these canvases, the characters vary in size and cohabit in a colorful, rich and varied universe. Some menacing creatures mingle with lost people, and the whole is set in a contemporary world, a world close to our own, a tormented, difficult world in perpetual evolution. It should be noted that there is no geographical or historical context, so that we, the spectators, can give free rein to our own imagination. And to accompany this stroll, classical music allows us to immerse ourselves even further in this universe blending painting and cinema.

*Verses from Gérard de Nerval's poem, Aurélia
 **The Ecole Boulle was founded in 1886 to train future furniture professionals (upholsterers, woodcarvers, cabinetmakers, seat joiners). In recent years, this training has been reinforced by the addition of complementary trades such as chiselers, bronze fitters and steel engravers.

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Rédigé par Bénédicte Lecat

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Publié le 9 Février 2024

En ce début d'année 2024, Facec International sera présent au salon Art Capital - Grand Palais Ephémère, avec deux peintres canadiens, Audrey Traini et Ovila Huard et trois photographes américains, Dawn Watson, Maggie Nimkin et Daniel Hurwitz. 

Nous exposerons dans la section Salon des Indépendants qui fête cette année son 140e anniversaire. L'association a été créé en 1884 par un groupe d'artistes souhaitant pouvoir exposer plus librement. Un premier salon est organisé en mai par le groupe des Indépendants avec un certain succès public et critique. De grands noms de la peinture y participent comme Georges Seurat, Odilon Redon, Paul Signac mais aussi des peintres inconnus et plutôt médiocres. Ce salon est un échec. Sous l'égide d'Odilon Redon, un nouveau groupe se réunit et l'assemblée général dite de la fondation a lieu le 4 juin 1884. 39 ans plus tard l'association du salon des indépendants est reconnue d'utilité publique (30 mars 1923).

Retrouvez nous en B8 intérieur. 

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Rédigé par Bénédicte Lecat

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Publié le 10 Novembre 2023

Cannes remonte le temps à travers l’objectif de la famille Séeberger et retourne à la période insouciante des années 30. Cette famille franco-bavaroise compte cinq fils habitués de notre ville et de la Côte d’Azur. C’est sous l’impulsion de l’aîné, Jules, que leur entreprise de photographie voit le jour en 1909. Il venait alors de recevoir pour un des ses anniversaires, son premier appareil photo. Ce qui n’était qu’un passe-temps devient un métier et le goût de la photographie sera transmis à Louis et Henry, décédés respectivement en 1946 et 1956. Très vite, tout le monde s’en mêle : mère, sœur, épouse, enfants, participent à cette entreprise tant les commandes se multiplient. Publicités, cartes postales, fêtes, haute société, tout est élégance et le reflet d’une époque qui retrouve sa joie de vivre et son insouciance.

Les archives municipales vous invitent à découvrir les photographie de cette discrète famille qui a su capturer des instants de vie, des portraits de personnalités venant régulièrement retrouver la douceur de vivre de la vie cannoise. A découvrir jusqu’au 8 juin 2024.

 

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Rédigé par Bénédicte LECAT

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Publié le 10 Novembre 2023

Le peintre Belge est mis à l’honneur au Musée Picasso d’Antibes jusqu’au 7 janvier 2024. Formé au design, Yves Zurstrassen se définit malgré tout, comme un peintre autodidacte. Alors à la croisée des chemins il évoque deux chocs visuels pour définir son travail : la ligne de Jackson Pollock et la couleur de Wilhem de Kooning. Dès lors, à 23 ans, il décide de peindre l’abstraction.

Il fait le choix de répéter le motif et de fonctionner par séries : il colle des motifs découpés dans des feuilles épaisses, travaille par pochoirs qu’il créé lui-même, il pose des éléments, recule, revient pour décoller ou non ce qu’il vient de faire. Grâce à son atelier de Bruxelles, spacieux, avec une coursive à l’étage, lui permettant de voir ce qu’il peint, est baigné, grâce à une verrière, par la lumière laiteuse du Nord. Même s’il contrôle ce qu’il peint, sa gestuelle est libre, et liée à la musique, souvent du jazz ou la musique répétitive de Steve Reich, qu’il écoute lorsqu’il travaille.

Ce mélange se retrouve par exemple, dans la toile dite 13.03.12, qui mêle le travail au pochoir (il sait où il va) à un travail du geste laissé libre. Et de loin, sous le travail au pochoir, l’on distingue des visages, notamment celui de Pablo Picasso.

Travailleur rigoureux, il est à son atelier de 7h à 19h. Il cherche surtout l’intemporalité, il peut créer une œuvre, la laisser murir, y revenir, ou la détruire. Afin de laisser la lecture pleine et entière au spectateur, il ne signe pas sur la page. A noter une utilisation subtile de la couleur, permettant ainsi de mieux appréhender les séries de bleu, de rouge, de jaune et d’orange, ces derniers notamment attrapent le regard, créent de la profondeur malgré les aplats. Ce chaos organisé est une ballade esthétique dans un univers abstrait maîtrisé.

 

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Rédigé par Bénédicte LECAT

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Publié le 7 Novembre 2023

Le Musée de l’Orangerie s’attache à nous faire découvrir la relation professionnelle entretenue entre le peintre italien Amedeo Modigliani et son marchand, Paul Guillaume. Le peintre est installé à Paris depuis 1906 et grâce Paul Guillaume, sa carrière va connaître un certain succès. Leur histoire va durer 6 ans, entre 1914 et 1920, année du décès du peintre.

En 1906, Amedeo Modigliani s’installe à Paris. Il rencontre trois ans plus tard, un autre artiste exilé, le sculpteur roumain Constantin Brancusi. Modigliani s’initie à la sculpture et s’y consacre presque exclusivement jusqu’en 1914. Et de façon tout aussi brutale, il reprend la peinture de 1914 à 1920, produisant de nombreux œuvres, essentiellement des portraits. C’est le cœur de cette exposition qui présente les cinq peintures conservées au Musée de l’Orangerie, ainsi qu’une centaine de toiles, une dizaine de sculptures, et une cinquantaine de dessins.

C’est grâce au poète Max Jacob, que Modigliani rencontre en 1914, Paul Guillaume. Ce dernier débute en tant que marchand et pour soutenir la production de Modigliani, lui loue un atelier à Montmartre. Durant les deux années qui suivent, quatre portraits du mécène sont réalisés (1915-1916). Ce sont d’ailleurs deux d’entre eux qui débutent cette exposition : on y découvre un jeune homme, âgé de 23 ans, élégant, sûr de lui, regardant droit dans les yeux le spectateur.

Et l’on découvre l’intérêt particulier de Modigliani pour les arts africains. En effet, le peintre s’intéresse aux cultures anciennes, notamment l’art grec que l’on retrouve dans les sculptures telles que La Tête, librement inspirée de l’art cycladique. Mais aussi à l’art africain qu’il étudie depuis 1909 lorsqu’il le découvre au Musée Ethnographique de Paris. Il rejoint en cela son marchand qui mêle dans sa galerie, Art Premiers (africains et océaniens) et Art Moderne. Pour montrer cette influence, des statues issues des cultures Kota ou Fang sont mises en parallèle de portraits réalisés par Modigliani.

Les salles suivantes sont richement dotées de portraits d’intimes comme les femmes qui ont partagées la vie du peintre : l’écrivain britannique Béatrice Hastings, la femme de son deuxième marchand, Hanka Zborowska ou sa dernière compagne et mère de son unique enfant, Jeanne Hébuterne. A leurs côtés des portraits de femmes et d’hommes tels que Le jeune Apprenti, Jeune fille brune assise ou bien encore L’enfant gras. Enfin, afin de montrer tout l’intérêt de Modigliani pour la littérature, on découvre les portraits de Jean Cocteau, Guillaume Apollinaire ou Max Jacob ou d’artistes comme celui de Moise Kisling.

Enfin un point important de cette exposition : la diffusion de l’œuvre de l’artiste par Paul Guillaume. A noter que toutes les œuvres présentées ont un rapport étroit avec ce dernier, qu’elles lui aient appartenu, aient été vendues par lui ou aient été commentées dans sa revue Les Arts à Paris. Grâce à cette collaboration Modigliani a été introduit sur le marché français et américain, même après sa mort en 1920, et cela jusqu’au décès de Paul Guillaume en 1934.

Une exposition importante permettant d’appréhender la relation entre deux hommes passionnés.
Musée de l’Orangerie
Jardin des Tuileries
Paris 1er

Amedeo Modigliani, un peintre et son marchand
Exposition jusqu’au 15 janvier 2024.

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Rédigé par Bénédicte LECAT

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Publié le 7 Novembre 2023

Trois longues années ont été nécessaires au Musée National d’Art Moderne afin de réunir plus de 200 œuvres, certaines inédites car en collections privées, afin de nous offrir une nouvelle rétrospective de l’œuvre de l’exilé russe, naturalisé français, Nicolas de Staël (la dernière datait de 2003). En quinze ans, il produit 1100 peintures et tout autant de dessins.

Souvent présenté comme un beau visage, Nicolas de Staël, de son nom complet Nicolas Vladimirovitch Staël von Holstein, né en janvier 1914, est surtout un grand peintre de l’abstraction et de la figuration. Après la fin du régime tsariste en 1917, la mort de son père en 1921, puis sa mère en 1922, il est envoyé, avec ces deux sœurs Olga et Marina, à Bruxelles, chez Emmanuel Fricero qui les élèvera. C’est après avoir découvert les peintres hollandais aux Pays-Bas, que Nicolas de Staël s’inscrit à l’Académie des Beaux-arts de Saint-Gilles-Lez-Bruxelles ainsi qu’à l’Académie royale des Beaux-arts. Sa vie est une succession de souffrances, de luttes, de recherches et de découvertes, de réussites, notamment dans les dernières années de sa vie. Malgré les succès, son épouse et ses quatre enfants, Nicolas de Staël se suicide en se jetant du haut des remparts d’Antibes à l’âge de 41 ans (1955).

Pour cette rétrospective, les commissaires d’exposition ont choisi de revenir à l’essentiel : la peinture. A cela s’ajoutent certains aspects moins connus de de Staël : le dessin et les œuvres figuratives que l’on découvre dans les premières salles, notamment des portraits de femmes, des études de bateaux et Le Pont de Bercy, une huile sur toile totalement figurative datant de 1939.  Par la suite, l’abstraction prend le pas et le découpage des salles montre bien cette évolution et sa réflexion continue concernant la peinture. Si ses premières toiles sont difficiles, et que le spectateur doit se les approprier car elles sont souvent sombres, découpées, les dernières sont lumineuses, colorées. Celles-ci sont des paysages, des natures-mortes, et ces œuvres sont éblouissantes de beauté et de vie. Elles sont inspirées de ces nombreux voyages en Italie mais aussi de son installation dans le sud de la France.

Sa réussite tardive notamment avec son entrée dans les collections du Musée National d’Art Moderne de Paris, du MoMA de New York, ou bien la multiplication des expositions, le propulse comme une figure importante de la nouvelle génération des artistes peintres. Ses recherches et évolutions successives témoignent d’une quête picturale continue, d’une rare intensité, et d’une puissance toujours d’actualité aujourd’hui. A voir absolument.

L’exposition se poursuit jusqu’au 21 janvier 2024.
Musée National d’Art Moderne – 11 avenue du Président Wilson – Paris 16e

www.mam.paris.fr

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Rédigé par Bénédicte LECAT

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Publié le 20 Juillet 2023

Sous l’impulsion de David Lisnard, la Mairie de Cannes, dans le cadre de sa programmation estivale, organise depuis 2015 le Musée Éphémère du Cinéma. Cet événement culturel incontournable de l’été revient dans le Hall Méditerranée du Palais des Festivals et des Congrès pour sa huitième édition, du mardi 11 juillet au dimanche 27 août 2023.


Ouvert à tous, ce musée temporaire imaginé par la municipalité cannoise est entièrement dédié à l’univers du 7e art. Il présente cette année une exposition consacrée à une icône du cinéma français : Romy Schneider.
« Romy Schneider, l’exposition » dévoile comment la petite fiancée autrichienne est devenue une icône du cinéma français, à la fois solaire et proche, bien décidée à s’émanciper de Sissi, multipliant choix audacieux et collaborations avec les plus grands : Luchino Visconti, Orson Welles, Otto Preminger, Alain Cavalier, Henri Georges Clouzot, Joseph Losey, Claude Sautet, Costa-Gavras, Claude Chabrol, etc.
Costumes, affiches, photographies, rares archives, interviews et extraits de films racontent cette quête de travail et de liberté qui a fait de Romy Schneider une actrice en majesté, en qui toutes et tous aiment se projeter et se reconnaître.


En marge de cette exposition, la Mairie de Cannes propose :

  • Les ateliers du Musée Ephémère en partenariat avec l’association Cannes Cinéma
  • Une exposition de photographies réalisées par la famille cannoise Traverso intitulée « Romy Schneider, un mythe éternel à Cannes ».

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Publié le 20 Juillet 2023

Jusqu'au vendredi 10 novembre 2023, la Mairie de Cannes présente au musée des explorations du monde, l’exposition Chamanes. Dialogues avec l’invisible. Conçue pour un large public, cette exposition offre une immersion captivante dans l’univers mystérieux et déroutant du chamane, personnage central de nombreuses sociétés traditionnelles.


À travers un ensemble exceptionnel de 150 objets et œuvres d’art provenant d’une vingtaine de pays répartis sur les cinq continents, l’exposition propose un panorama mondial des pratiques chamaniques, en insistant sur la diversité des contextes culturels, et fait la part belle à une approche sensible du sujet. Le parcours, composé de huit salles thématiques (370 m²) est jalonné d’installations expérientielles inédites, conçues et réalisées dans le cadre de résidences d’artistes, qui contribuent à stimuler l’imaginaire du visiteur et à susciter les questionnements.


Accompagnée de documents audiovisuels, de citations et de textes didactiques, la sélection d’objets permet d’évoquer à la fois les régions phares du chamanisme (Sibérie, Arctique, Amazonie, Himalaya, Amérique du Nord) et des aires géographiques moins couramment associées à ce phénomène (Indonésie, Philippines, Australie, Kenya, Japon, Inde). Elle donne ainsi un aperçu inédit de la conception chamanique du monde, à travers la relation à l’environnement naturel et au domaine de l’invisible.
Une attention particulière est portée à la qualité du contenu didactique, de l’iconographie et des objets exposés. La rigueur du propos et la pertinence des œuvres ont été validées par un comité scientifique, composé de quatre spécialistes : François Pannier (commissaire scientifique), Charles Stépanoff (directeur d'études à l’École des hautes études en sciences sociales), David Andolfatto (docteur en archéologie) et Adrien Viel (docteur en ethnologie et réalisateur de films documentaires).

L’exposition occupe huit salles du musée, sur une surface totale d’environ 370 m2. Le visiteur est invité à y découvrir une sélection exceptionnelle de 150 objets ethnographiques et œuvres d’art provenant de 19 pays, répartis sur les cinq continents. La plupart des objets ont été utilisés ou créés par des chamanes, dans un contexte traditionnel. Certaines œuvres, d’inspiration chamanique, ont été créées par des artistes autochtones (art inuit contemporain).
Les objets et œuvres exposés sont accompagnés de textes, de citations, de reproduction de photographies qui permettent au public de s’imprégner des différents contextes culturels évoqués et d’aborder, au gré du parcours, les grands thèmes suivants :

  • qu’est-ce qu’un chamane ?
  • comment devient-on chamane ?
  • communiquer avec les esprits
  • la relation aux autres espèces
  • la panoplie du chamane
  • maladie, guérison et mort
  • un aperçu de l’invisible

     

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Publié le 22 Juin 2023

Exposition du 7 juillet – 18 septembre 2023

Du vendredi 7 juillet au lundi 18 septembre 2023, la Mairie de Cannes présente à la Villa Domergue, une exposition consacrée à l’œuvre de Jean-Gabriel et Odette Domergue, couple d’artistes à l’origine de ce paradis cannois.


Les époux Domergue s’installent à Cannes dès le début des années vingt pour participer à la haute saison cannoise (l’hiver à l’époque). Ils séjournent dans la villa Canaletto à la Bocca, route de Fréjus, et partagent leur vie entre Cannes et Paris, passant six mois par an sur la côte d’Azur. Dès cette époque, leur villa était le lieu de fêtes et réjouissances exceptionnelles qui rythmaient la vie mondaine de la ville.


En 1926, le couple Domergue achète un terrain faisant partie du lotissement Isola Bella, situé sur les hauteurs de Cannes et avec l’aide des architectes Emile Molinié et Charles Nicod, ils conçoivent la maison de leurs rêves, inaugurée en 1936. Elle est élaborée avec des matériaux prélevés sur le terrain. Le jardin de la villa s’inspire d’un dessin à la sanguine d’Honoré Fragonard, représentant la villa d’Este située à Tivoli, non loin de Rome. D’une superficie de 1.5 hectare, il abrite un chemin bordé de cyprès conduisant à la villa et est peuplé de sculptures d’Odette Domergue.


Le 19 novembre 1967, Odette Domergue ouvre les portes de la villa au public pour présenter des œuvres de son époux. À sa mort le 17 novembre 1973 elle lègue la villa et son contenu à la ville de Cannes. Le legs est définitivement accepté le 22 août 1979. Depuis 2000, le couple repose dans les jardins de la villa, dans un tombeau réalisé par Odette Domergue. En 1993, la villa et ses jardins sont inscrits à l’inventaire des monuments historiques.

 

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Publié le 7 Juin 2023



Pablo Picasso mourait le 8 mars 1973, laissant derrière lui une œuvre monumentale que se partageront ses enfants, ses petits-enfants et l’Etat Français. Grâce à la dation réalisée par les héritiers du peintre espagnol, sont nés notamment le Musée Picasso à Paris, le Musée Picasso à Antibes et la Fondation Picasso à Barcelone. Pour célébrer le cinquantième anniversaire de cette disparition, le Musée Picasso d’Antibes a choisi de revenir sur les dernières années de vie de l’artiste, de 1969 à 1972. Pour ce faire, 40 œuvres ont été sélectionnées et prêtées par le Musée National Picasso et des collectionneurs privés.

Cette exposition fait ainsi écho aux deux dernières expositions présentées au Palais des Papes en 1970 puis en 1973. A cette époque, le maître a lui-même choisi les œuvres qu’il souhaitait montrer, sans réel fil conducteur. Il s’agissait plutôt d’une ballade dans ses dernières créations : des grands formats aux cadrages rapprochés. Mais ces expositions ont été mal reçues par le public : au-delà du grand nombre présenté, près de 200, les peintures étaient accrochées trop près les unes des autres, et pour beaucoup ont été considérées comme crues et brutales.

Les années 70 sont marquées par les nouvelles recherches que sont les happenings, l’art conceptuel, le minimalisme. La mort en 1954 de Matisse fait dire à Picasso qu’il est le dernier représentant des grands peintres. Il craint que l’académisme disparaisse, lui qui est un grand dessinateur. De plus, il est profondément marqué par son opération de l’estomac. Elle date de 1965 mais la convalescence fut longue et douloureuse, et surtout, celui qui s’appelait le Minotaure, ce personnage fort, très sexualisé, a perdu sa libido. Il se sent diminué et il retranscrit dans ces œuvres cette perte. Les peintures sont brutales et pour certaines, très érotiques. Le phallus, symbole même de ce qu’il était, est régulièrement présent comme dans la toile intitulée Dimanche. Autre aspect important, Picasso commence à dater ses peintures, comme si l’urgence de créer passe aussi par la marque du temps à imprimer sur la toile.

L’influence espagnole est visible dans de nombreuses œuvres : les couleurs sont chaudes, vives, de vrais camaïeux de rouge et des traits jaunes symbolisant le drapeau espagnol. Et les sujets sont, dans la première salle, liés à des personnages forts, virils comme le Mousquetaire, épée, costume militaire et feutre sur la tête. Et l’on retrouve dans ces dernières œuvres tout ce qui caractérise Picasso : la composition, la lumière, la ligne, la deuxième dimension, et la maîtrise de la couleur.

La tradition étant importante, Picasso l’inclut dans plusieurs œuvres, notamment la Femme à l’oreiller. Ce nu déconstruit est à voir de loin afin de mieux percevoir la position inspirée du Bain Turc signé Ingres. Le classicisme reste vital pour l’artiste, et pourtant il montre également qu’il est capable de mélanger toutes les techniques : tachisme, amas de peinture, lavis. Il ose tout, il fait « sauter » les dernières barrières, mais évoque aussi ce qu’il a apporté à la peinture, la deuxième dimension. Un portrait est représenté de profil et de face, comme dans le Baiser datant de 1969 : Picasso est représenté de face, Jacqueline de profil, en totale soumission à son époux.

Et l’on termine par une salle de portraits où tout ce qu’il a peint, dessiné, interprété, réinterprété, est présent : la couleur, les deux dimensions, l’Espagne, la littérature. Tout ce qu’est Picasso.

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Rédigé par Bénédicte LECAT

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